Prestations de conservations-restauration

Soazig Maliet, la conservatrice-restauratriceQuel est le rôle du professionnel ?

Tel un accompagnement médical, le tableau est pris en charge par le professionnel, de l’élaboration de sa fiche de santé à son retour dans son environnement.

Réparer, rénover, ou restaurer ?

Il ne s’agit pas de simplement réparer ce qui est abîmé, mais de réfléchir au comportement des matériaux qu’elle a sous les yeux, en déduire les traumatismes subis et l’histoire matérielle de l’œuvre. Cette réflexion scientifique permet d’élaborer une mise en œuvre. Chacun des gestes qu’il pose sur l’œuvre est réfléchi en amont pour être le plus adapté possible. Chaque étape est documentée, et le responsable du  tableau, public ou privé, est invité à suivre chacune des étapes de conservation-restauration.

La profession est-elle, comme les médecins, réglementée ?

La profession est régie par un code déontologique, dont les cinq principaux axes sont :

La réversibilité

Tout matériau utilisé sur l'œuvre doit pouvoir être retiré à tout moment

La stabilité

Tout matériau utilisé doit être stable dans le temps    

L'innocuité

Tout  matériau utilisé ainsi que toute intervention ne doivent pas altérer ou fragiliser l’œuvre    

La lisibilité

Toute restauration doit redonner cohérence et clarté à l’œuvre, et doit être lisible et discernable par rapport à l’original    

La transparence

Toute restauration doit être inscrite dans des dossiers    

Le code déontologique a été mis au point par la Confédération Européenne des Organisations de Conservateurs-Restaurateurs.

Qu’est-ce que la conservation ? Qu’est-ce que la restauration ?

Pourquoi différencier deux termes pour la même profession ?Grattage de la toile d'un tableau

La profession est en effet complexe, car le conservateur-restaurateur est à la fois historien d’art, restaurateur, ingénieur, artiste, expert dans ses interventions, conservateur, régisseur… La distinction entre la conservation et la restauration est importante, car ces deux types d’intervention, dans cet ordre, suivent la démarche logique de l’objet qui a traversé, et traverse encore le temps :

  • les interventions de conservation sont curatives : elles visent à retirer les éléments ajoutés ou dégradés, qui nuisent à la conservation de l’œuvre : crasse, vernis oxydé, repeints…
  • les interventions de restaurations visent à ajouter des matériaux qui assurent la conservation sur le long-terme, et la présentation de l’œuvre : renfort du support de peinture, vernis, réintégration des lacunes

Cette double-démarche consécutive permet d’abord de retrouver l’œuvre, originale, mais qui a traversé le temps ; l’objectif n’est pas de nier le vieillissement. De la conserver correctement, telle que l’artiste l’a créée. Puis d’ajouter le moins d’éléments possible pour la conserver, et qu’elle puisse être présentée, et appréciée à sa juste valeur.

Et après ?

Le retour de l’œuvre vers son lieu de conservation est également accompagné par la professionnelle, dans son conditionnement, son transport, et sa présentation. Des conseils esthétiques ou techniques sont dispensés pour le choix du cadre et de l’accrochage. Des préconisations techniques et environnementales pour la conservation préventive de l’œuvre sont confiées à son propriétaire. La pérennité des traitements réalisés est ainsi assurée et l’œuvre est conservée, présentée et peut être appréciée pour longtemps encore…